C’est devenu un rituel. A l’issue de chaque entraînement, Paul Le Guen boude la navette dans laquelle joueurs et staff parisiens transitent des terrains d’entraînement aux vestiaires. Le technicien, en poste depuis le 15 janvier, rejoint ses troupes au petit trot. Durant ces quelques hectomètres, il a le temps de ressasser la situation alarmante du PSG et de retourner le problème dans tous les sens. Car Paris est dix-neuvième, à deux longueurs du premier non-relégable, et il ne lui reste que neuf levées pour sauver le club. Cette situation, PLG ne peut s’empêcher d’y songer. Alain Cayzac confie dans un clin d’œil : « Parfois, j’y pense le matin en me rasant ! » Avant d’ajouter, plus sérieux : « Avec Paul, honnêtement, on a du mal à évoquer d’autres sujets que le maintien. On y pense jour et nuit. Nous sommes concentrés à 2000 % sur le PSG et les neuf derniers matchs. On essaie de le faire sans transmettre de stress, ça ne servirait à rien. L’énergie peut nous sauver, pas le stress. »
Le Guen reste le même auprès de ses troupes. Il n’est pas atteint d’hystérie, à l’image d’un Guy Lacombe. Les murs du vestiaire ne tremblent jamais. Tout juste hausse-t-il le ton parfois. Contre vents et marées, il garde la même attitude, le même discours, le même flegme. « La situation est difficile mais il ne change pas. Les conditions de travail restent les mêmes. Il positive toujours », assure Jérémy Clément, qui a côtoyé Le Guen de Lyon à Paris, en passant par Glasgow. En cette période trouble, le natif de Pencran endosse le rôle d’un psychologue : « Je suis à l’écoute de mes joueurs, je reste attentif à tout et très disponible », expliquait-il récemment. Le Guen rassure ses troupes, leur parle beaucoup, les détend même. « C’est dur au quotidien, c’est difficile d’avoir le sourire. Le coach essaie de nous le rendre », confie Jérôme Rothen. Il n’accable personne, pas même un joueur ayant commis une faute.
Ainsi, il n’a pas blâmé le jeune Youssouf Mulumbu, coupable du penalty conduisant à l’élimination à Lisbonne. Il a simplement expliqué à son milieu de terrain sa vision des choses. « Je ne dis pas les choses pour vous enfoncer mais pour votre bien », rappelle-t-il dans le vestiaire. Une intimité que Le Guen est soucieux de préserver. Régulièrement, il incite ses ouailles à ne pas se répandre dans la presse, à ne pas livrer de commentaire sur un partenaire. « Car à Paris, la moindre déclaration est utilisée et peut nuire au groupe, assure un joueur. Il nous demande donc de faire attention lorsqu’on parle aux journalistes. » « On voit que le coach connaît la maison », ajoute Sammy Traoré.
Malgré le piteux bilan qu’il affiche (voir ci-contre), Le Guen conserve la confiance de ses dirigeants, à commencer celle d’Alain Cayzac : « J’ai une vraie envie de travailler longtemps avec lui, confie le président parisien. J’apprécie son autorité naturelle, son calme, sa sérénité dans des moments très durs. Il analyse beaucoup, prend les décisions rapidement, ne prononce pas trois mots quand deux sont nécessaires. J’adore ce genre de relation. On est au pied du mur, il reste neuf matchs à jouer, on doit aller à l’essentiel. Paul le fait très bien. » Reste tout de même à enchaîner les succès et à sauver le PSG.
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