
La passation de pouvoir entre Blayau, à gauche, et Cayzac, aura lieu en fin de saison.
La fin d'une époque, le début d'une nouvelle ère. Fini le mélange des genres pour Canal+ qui cède officiellement son encombrante filiale pour mieux se reconcentrer sur son métier de base, celui de diffuseur, notamment de la Ligue 1. Le PSG n'est plus en effet propriété de la chaîne cryptée qui a cédé le club, au terme d'un long feuilleton à rebondissements, à un groupe d'investisseurs emmené par Colony Capital, fonds d'investissement basé à Los Angeles, associé à Morgan Stanley, dont le siège est à Londres, et Butler Capital Partners, un fonds d'investissement d'origine française, dernier arrivé dans le tour de table.
Cette hydre à trois têtes, qui se partagera le capital du club en trois tiers, est un attelage à forte identité financière qui présente des garanties de solidité indiscutables. Futur président du club, Alain Cayzac sera la caution "sportive" de cet attelage. Dirigeant historique du PSG, Cayzac devrait prendre une participation dans le club, lui qui avait été le dernier à céder ses parts après les départs de ses acolytes Bernard Brochand et Charles Talar en 2004. "Ce projet d'accord répond à la volonté du groupe Canal+ ainsi qu'au souhait de l'ensemble des partenaires du PSG d'assurer la stabilité, la pérennité et le développement du club", précise un communiqué de la chaîne cryptée.
Cet épilogue met un terme à deux semaines d'agitation au sein du club et en coulisses. Luc Dayan qui était à un moment très proche de prendre le contrôle du club, a finalement été écarté en fin de semaine dernière n'ayant pas réussi à boucler son tour de table en raison des réticences de ses partenaires qataris à débloquer les garanties promises. Quant au projet alternatif emmené par des chefs d'entreprise français sous la houlette de Marc Eisenberg, qui était entré en jeu très tardivement, il a finalement jeté l'éponge lundi soir estimant que "toutes les conditions (n'étaient) pas réunies pour permettre d'assurer durablement le redressement du club".
Rentabilité exigée
L'arrivée de Colony Capital, au travers de Colyzeo, fonds européen issu du partenariat entre Colony Capital et Eurazeo, et de ses deux partenaires, va sans aucun doute modifier en profondeur la culture d'entreprise au sein du PSG. Après l'ère romantique symbolisée par Canal+ première époque quand Michel Denisot était aux commandes, les choses avaient déjà évolué avec les échecs successifs de Charles Biétry, Laurent Perpère, Francis Graille et jusqu'à aujourd'hui Pierre Blayau. Le PSG va devoir ainsi se soumettre aux impératifs de rentabilité exigés par les fonds d'investissement qui espèrent bien tirer profit du club, notamment en ce qui concerne Colony Capital, à travers le Parc des Princes. Sur ce point, déjà certaines dents commencent à grincer. Ainsi, Claude Goasguen, député-maire du XVIe arrondissement, affiche déjà son hostilité vis-à-vis de Colony Capital. Après avoir rappelé que le Parc des Princes restait la propriété de la ville de Paris, Goasguen souligne dans un entretien au Parisien la nature profonde d'un fonds d'investissement : "Le travail d'un fonds d'investissement, c'est de rentabiliser son activité. (...) Quand on commence à perdre de l'argent, le fonds de pension part ailleurs"
Quoi qu'il en soit, dans l'immédiat, le PSG, qui dispute ce mardi un quart de finale de Coupe de France contre Lille, doit tout faire sur le plan sportif pour sauver une saison agitée. Alain Cayzac, pour sa part, va devoir se plonger très vite dans la construction de l'équipe pour la saison prochaine. Très introduit, il a déjà activé ses réseaux et pris des contacts. Et l'on évoque déjà le retour de Luis Fernandez. Vous avez dit une nouvelle ère?
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