Si les dissolutions devaient effectivement avoir lieues, la tribune Boulogne va devenir ainsi entièrement «
indépendante », échappant à tout contrôle de la part du PSG mais aussi des pouvoirs publics, qui ne pourront plus se retourner vers les associations en cas de problème. Marginalisés, certains
pourraient être tentés de rejoindre la frange la plus violente de la tribune.
Dans une intervention sur la radio RMC, le porte parole du Kop de Boulogne a annoncé la probable auto dissolution des Gavroches et des Rangers très prochainement. Il a également ajouté que les
Boulogne Boys, dans le viseur des pouvoirs publics pourraient en faire de même.
A noter que cette décision découle d'une réunion entre responsables d'associations et qu'il s'agit, toujours selon Pereira, surtout d'un geste envers le gouvernement.
Le club et d'anciens joueurs parisiens auraient par ailleurs demandés de bien réfléchir sur la décision à prendre, même si celle serait d'ores et déjà prise.
Trois suspects en garde à vue
L'étau se resserre autour des Boulogne Boys, club de supporters du PSG pointé du doigt dans l'affaire de la banderole injurieuse du Stade de France. Tandis que trois personnes ont été mises en
garde à vue dès jeudi matin, une perquisition a eu lieu vendredi dans la matinée au Parc des Princes, dans un espace réservé à l'association. Des indices ont été trouvés et les langues commencent
à se délier.
La Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), dépendant de la police judiciaire parisienne, est passée à la vitesse supérieure. L'enquête progresse vite. Même s'ils ne
fréquenteraient pas régulièrement la tribune Boulogne, les trois suspects interpelés, actuellement auditionnés, devraient ainsi être déférés au parquet dans la journée.
Des traces de peintures suspectes
Dans le même temps, une perquisition diligentée vendredi dans un local situé au Parc des Princes, et mis à la disposition des Boulogne Boys, a permis à la BRDP de trouver des traces de peinture
suspectes. Ces indices s'ajoutent aux déclarations compromettantes d'un stadier, qui aurait indiqué que la banderole avait été confectionnée dans ces mêmes lieux.
Déjà sous la menace d'une dissolution des associations mises en cause, Philippe Pereira, le porte-parole de la tribune Boulogne (Photo L'Equipe), a même pris les devants en annonçant lui-même
jeudi soir «l'autodissolution» de trois groupements de supporters, pourtant historiques. Les Boulogne Boys, les Gavroches et les Rangers ont pris cette décision pour devancer toute interdiction
qui pourrait être prononcée dans les jours à venir par Michèle Alliot-Marie, la ministre de l'Intérieur. Une décision lourde de conséquences pour les intéressés, puisque par cet acte, ils signent
en partie leurs aveux. Mais ceci ne les empêchera en rien de continuer de venir assister aux matches.
Ils nient toujours
Cependant, vendredi après-midi, un des dirigeants des Boulogne Boys a fait savoir à l'AFP que le groupe niait toute implication dans l'affaire. «Nous avons été informés dès hier soir (jeudi)
d'une perquisition dans nos locaux et nous sommes venus ce matin pour collaborer avec la police. Nous souhaitons d'ailleurs que toute la lumière soit faite sur cette histoire car l'enquête
démontrera notre non-implication». Sur les traces de peinture relevé, il précise : «Nous n'entreposons pas la peinture dans nos locaux, donc tout le monde peut s'en servir. Tout le monde utilise
la même peinture au Parc de toute façon. Quant à la confection de la banderole, certains qui ne font pas partie de notre association viennent parfois dans nos locaux pour les fabriquer, cela ne
prouve en aucun cas une quelconque implication des Boys».
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