
L'éclipse totale
Cela fait le troisième déplacement dans l'Est en si peu de temps, pour un bilan mitigé, une victoire à Nancy, une défaite logique à Sochaux et maintenant c'est au tour de Sedan, bon, c'est vrai c'est pas vraiment l'Est mais depuis la capitale si. En fait, on divise la France en quatre directions, qui correspondent aux quatre points cardinaux, Est, et son ennemi Ouest, et en contrepartie, Le Nord et le Sud, rivaux devant l'Eternel.
Donc le rendez vous est fixé vers un point névralgique, pour un retour rapide chacun chez soi, au pied de l'autoroute A4. Au départ, l'équipage était fixé à cinq membres mais le sort en a décidé autrement, il manque un passager en transit du coté de la Porte d'Auteuil. Tant pis, on ne sera que quatre du voyage. Dommage les absents ont toujours tort.
Mr O, Mr Ce, Miss C et Mr Fa font partie du voyage. Avant de rejoindre le rendez vous, Mr O passe prendre Mr Ce et bien sûr, il ne manque en aucune façon d'aller saluer Mme Ma et Mr A, le futur Ballon d'Or mais uniquement dans quelques années. Un sourire plus tard et une bise, signe d'adoubement, on peut partir rejoindre le point de départ, on est légèrement en retard mais on s'en fiche, c'est pour la bonne cause.
On change de véhicule et on décolle vers Sedan, via Reims, via Charleville. Et la 206 fonce sur l'asphalte sans détour et sans dégonfle. La playlist du jour est variée et surtout hétéroclite comme on aime sauf le boulet qui s'est arrêté à deux ou trois groupes, donc la diversité, il ne connaît pas ou pire il ne veut pas la connaître. Et le show commence :
- " Dis, papa, dis moi, qui est ce qui chante ?
- Si on te demande, tu réponds que tu ne sais pas !
- Ouais, mais, pourtant j'aimerais bien savoir.
- Ben, tu ne sauras pas, ou alors essayes de deviner. "
Voilà le genre de débats puérils que l'on a pendant un moment ! Et le jeu est déclenché et cela durera pendant tout le voyage. Malheureusement, soit dit en passant, le summum est atteint, lors du 2 em CD, pourtant, un groupe connu :
- Ah, c'est mieux, ce n'est pas les Stones, qui chantent ?
Réponse de Mr Ce : non, ce sont les beach boys !
Celle de Mr O : non, ce sont les who !
Et quand il a reconnu le groupe, les Beatles, c'était au tour des morceaux, à priori, il ne connaît pas le répertoire d'un des plus grands groupes de l'histoire.
A chaque morceau qui passe, on a eu droit à un titre aléatoire mais c'était jamais le bon, ne pas connaître les chansons les plus populaires des lads de Liverpool, c'est comme ignorer que le soleil se couche à l'Est.
Tous ces discussions à la mord moi le nœud ont occasionné une erreur de casting qui a été rattrapé rapidement, en fait, quand on doit tourner, quitter la route, on ne dit pas :
- là, là, là, c'est là, que l'on doit tourner !
Mr O connaît les directions soit à gauche, soit droite, soit au centre mais là, là, là, il ne connaît point. Même si sa préférence va pour la gauche !
Le seul hic, c'est que l'on a été obligé de traverser une grande bourgade alors que ce n'était pas prévu.
Mais revenons un peu au football, car c'est bien pour cette raison que l'on se déplace en terre sedanaise, ce n'est pas pour les yeux de Césarine, ou tout autre nom qu'on lui a donné pendant le voyage (Séraphine, Joséphine,…).
Autre fait, des rumeurs traînent depuis un moment, des incidents auront lieu ce soir en marge du match, et comme d'habitude, l'avis de Mr O est mis en doute. On verra bien de toute manière, ce ne sont que des rumeurs mais voilà, quoi !
On emprunte une nationale qui mène tout droit vers la destination finale et l'on prendra pas de raccourcis qui ne mènent nulle part, normal, on n'est pas dans un mauvais film de série B et surtout la composition de l'équipage ne le permet pas.
La nationale est propre et rapide, et grâce à elle, on va arriver rapidement quand soudain, c'est le drame, une voiture banalisée de gendarmerie pénètre sur la nationale en descendant d'un pont juste à notre passage, et c'est gyrophare allumé qu'elle emprunte la route. Zut, c'est pour notre pomme, on voit voir qu'elle est sera à notre niveau. Elle nous double et se rabat aussitôt, voila, c'est fini, on va être classé en catégorie, terroriste de la route.
On a tous peur mais sauvé par la présence du car devant nous, ce sont des fans de Paris qui se rendent au match. Cette frayeur passée, on continue notre bonhomme de chemin et on arrive à notre étape, Charleville Mézières et sa célèbre petite réplique de la place des Vosges, celle de Ducale.
On se stationne devant la gare non sans avoir effrayée Mr Fa qui pensait que Mr O allait prendre un sens interdit, on conduit peut être à la parisienne mais on n'est pas un terroriste. En fait, c'est celui qui conduit qui choisit sa place de stationnement et personne d'autres. Donc, repérage, demi tour à la parisienne et hop, on se gare. Cependant, la visite, dans la ville des marionnettes sera courte car le timing est serré. A la recherche de la pharmacie, qui doit sauver non pas le soldat Ryan mais le soldat Ce qui est légèrement souffrant, ensuite, on se dirige vers la Place Ducale, elle est pas mal mais elle manque de couleurs chatoyantes. Rue piétonne sur la gauche (encore et toujours ) et retour en ville, du moins à la voiture, on n'aurait pas pu faire plus court.
On effectue un passage à la gare, en traversant le square connu du même nom, histoire de vérifier si le TGV est va passer dans le coin. Tout le monde le pense sauf le boulet qui en doute. Et malgré l'annonce d'un décompte holographique, dans la série le boulet est lourd, pour être poli, Mr Fa doute encore. La prochaine fois qu'un déplacement, ici, sera organisé, on pourrait prendre le TGV Est.
On retrouve la voiture et on file sur Sedan, lieu de la rencontre capitale d'un soir. Le reste de la route est anecdotique, on se remémore les matchs, contre les sedanais et on constate que l'on n'a pas souvent été heureux, voire pire, on est souvent reparti bredouille.
On arrive dans la ville et direction, le centre commercial pour faire le plein de gazole, pour pouvoir établir les comptes, on se retrouve à l'hypermarché du coin, histoire d'acheter à manger pour ce soir.
Et pendant ce temps, Mr O tente de prendre contact avec un ami mais peine perdue, son mobile n'est pas encore activé. Dommage, on se dirige vers le stade et on se gare derrière au bord de la Meuse qui commence à sortir de son lit. Ah, limite, la zone est en zone dangereuse donc inondable, y a pas moyen de la voiture reste ici. On se positionne sur un emplacement hors danger !
Sur le parking, une voiture de police stationne et elle est vide de ses passagers occupés à contrôler des fans de Paris.
Quand soudain, on entend des clameurs, ça y est les rumeurs d'hostilités prennent forme, on se dirige calmement et sereinement vers notre tribune malgré les scènes de guérilla urbaine auxquelles on assiste. Et l'on est obligé de rebrousser chemin à cause de la fermeture de l'accès à notre tribune. Malgré les mises en garde des touristes rencontrés, on suit notre droit chemin. Ce n'est rien, c'est juste un mauvais remake de la guerre des rues et l'on constate que l'une des franges protagonistes ne parlent pas français, sûrement des Belges vu la promiscuité de la frontière. Non, car ils scandent leur noms de club, maintenant, on sait tous que ce sont des fromages, cultivateur de tulipes. Les lacrymogènes sont de sortis et l'atmosphère devient nauséabonde. On s'en moque, on est de Paris. On traverse donc ce décor où comme dans un film, la scène au ralenti où tout le monde hurle et coure sauf nous qui allons vers le parcage visiteurs en traversant un terrain vague. Mais avant, n' y avait il pas un stade auparavant ? Les stigmates des ruines sont invisibles mais on sait que l'ancien stade était là. Et en lieu et place se trouve un parking boueux. Et que rencontre au détour des voitures garées, les RG qui se dirigent vers le lieu des incidents opposants les belligérants d'un soir. On continue et là, les autres tombent en extase devant une voiture tout droit sortie de Grease, elle devait appartenir aux Pink Ladies ! Cela en devient effrayant, retrouvent ils leurs origines de beauf ? Mr O l'ignore mais surtout il ne veut pas le savoir.
On repasse à cote de l'endroit de la chute, un soir d'un pauvre gars, en vélo, plus proche d'un alcoolique que de jalabert. Ce moment était digne du gag de l'année et un bon souvenir, il aurait été meilleur si on avait passé un moment avec la Barbie en manteau de fourrure croisée au même endroit que les échauffourées de tout à l'heure. La suite avait été moins drôle puisque le glas des illusions parisiennes avaient sonné et 5-1 dans l'escarcelle. Nostalgie quand tu nous rattrapes !
On arrive devant notre tribune, lieu de rétention d'un soir. Toujours le même, on passe le guichet où un billet nous est délivré, on passe la fouille où un stadier nous fait des chatouilles sommaires et peu efficaces. On monte s'installer car le parcage visiteurs est à l'étage et nulle part ailleurs. On pénètre dans le stade découvrant qu'il est vide pour le moment, normal, il est tôt et le gros des spectateurs arrivera au compte goutte. En fait, il est à peine rempli. Et maintenant, on attend le début du spectacle.
Mais il va venir d'ailleurs, en effet, les hostilités commencées à l'extérieur vont perdurer dans le stade. Les lads de l'Utrech traversent toutes les tribunes et viennent défier les fans de la capitale. Comme ça, comme si de rien n'était, ah bon, et le pire c'est qu'ils ont cru que les fans de la capitale allaient sagement rester assis sans rien faire. C'est beau le rêve !
Et la guérilla reprend de plus belle, tous les coups sont permis et surtout tous les objets sont bons à servir de projectiles. Et pendant ce temps, en toute impunité, le chaos règne mais que fait la police ? Elle va mettre longtemps à réagir et de plus, elle va commettre l'erreur qui aurait pu déclencher une émeute encore plus grave, ils sont intervenus en 1er dans le parcage alors que les fans de Paris n'avaient pas engagés les hostilités, pour une fois. Mais la raison l'emporte et le dénouement est proche. Les CRS investissent le coté obscur de la tribune et repoussent les belligérants vers leurs emplacements d'origine CAD la tribune d'en face.
Les points négatifs de cet incident :
- la lenteur de l'intervention policière,
- la liberté de circulation des lads,
- l'erreur du début, intervenir dans la tribune parisienne,
- l'absence des lads parisiens,
Face aux points positifs :
- l'intervention du président de sedan, Mr Urano, dit Rambo,
- l'absence des lads parisiens,
- la présence des grilles de séparations plus solides qu'à Nancy,
Bref, plus de peur que de mal, des rumeurs parlent de blessés légers, on en saurait plus tout à l'heure.
Passons au match après cet intermède de violence.
PLG refait une composition d'équipe plus conforme à la réalité par rapport à celle de mercredi soir.
Landreau
Mendy, Traoré, Rozehnal, Armand,
Diané, Cissé, Rothen, Rodriguez,
Luyindula,
Frau
Le speaker du stade lance un appel au calme après les incidents avant le début du match, il prône l'amitié et le fair-play, et cela déclenche l'hilarité dans le parcage parisien.
Les 22 acteurs pénètrent sur la pelouse et les débats peuvent commencer, non pas encore on a pas encore aperçu les compagnon d'infortune de mercredi, ah, les voilà, ils sont juste derrière. Donc, sauvé par le gong, la partie commence.
Et l'ambiance dans la tribune est correcte, une voile est déployée, et les chants sont repris allègrement, environ 500 parisiens et quelques touristes égarés à la recherche de leur place perdue ont investi le parcage. Tout va bien dans les tribunes, la tension de tout à l'heure a baissé d'un cran, on est en situation de DEFCON 3 CAD la normale. Et l'ouverture du score par les locaux n altère en rien la ferveur de la tribune. Pendant ce temps, les lads de Utrecht encerclés par les forces de l'ordre sont dûment expulsés du stade. Fait anecdotique ! Et l'ambiance comme un soufflé va tomber d'un coup, les fans de Paris, du moins la frange la plus dure veut en découdre contre les assaillants d'un soir. Ils réussissent à investir la tribune occupée tout à l'heure par les hollandais expulsés. Mais l'intervention des CRS plus rapides que tout à l'heure met un terme à cet esprit de vengeance.
Le PSG joue mal et le score demeure en faveur des locaux, 1-0, y va avoir du sport dans les vestiaires tellement les parisiens ont montré leurs faces noires, sur le terrain, c'est l'éclipse total. On voit rien.
A la mi temps, on en profite pour aller aux nouvelles et bizarrement, Mr L et ses amis ont tous raté. Ils sont arrivés en retard.
Au retour des vestiaires, changement de décor, les parisiens sont déterminés à revenir assez vite mais voilà, le manque de réalisme laisse perplexe tout le monde. Le score ne change pas, pire il va s'alourdir sur une des rares actions sedanaise. 2-0, la messe est dite !
Les Parisiens ne réussiront pas ne serait-ce qu’à réduire le score et voit la Ligue 2 se profiler à l’horizon…
C'est la catastrophe, le PSG se retrouve 18eme et reléguable. Cruel dilemme pour le PSG puisque se profile à l'horizon la coupe d'Europe, dès jeudi soir et les esprits sont hantés dorénavant par le spectre de la relégation.
Les joueurs :
Landreau, rien de bon, pas décisif, il prend deux buts…
Mendy, moyen le Bernard, pour une fois, il n'a pas été le lus faible…
Traoré, efficace en défense par son jeu de tête, malgré une lenteur de course connue mais bizarre en phase offensive, il disparaît…
Rozehnal, même chose que mendy, prestation moyenne, sans plus, alors que l'on veut le voir plus intransigeant…
Armand, meilleur parisien mais cela ne vole pas haut…
Diané, le maillon faible du soir, il n'a rien fait de bons, il garde trop la balle et la perd très souvent,…
Cissé, en courant alternatif, parfois bien, et d'autres fois, moins bien…
Rothen, moins à l'aise que lors des dernières prestations, une question nous hante, sait il vraiment tirer les coups de pieds arrêtés ?
Rodriguez, trop vite disparu,
Kalou, rien fait de potable de plus en plus décevant…
Luyindula, on se demande s'il a joué, il a servi à rien, si récupérer un ou deux ballons, insuffisant bien sur…
Frau, seul et unique satisfaction du match, si l'on peut dire, dommage qu'il fait parfois les mauvais choix…
Et c'est parti pour une attente, histoire d'évacuer le stade et ses alentours dixit pour assurer une meilleure fluidité des spectateurs.
On refait le match même si cela n'est pas nécessaire vu qu'il a été d'une relative faiblesse. Il faudra montrer une âme de guerrier pour la suite sous peine de passer à la casserole.
On quitte enfin notre tribune mais c'est la même feinte que d'habitude, on s'extirpe de là et on attend dans la fraîcheur du soir sur le parking. Petite erreur de casting de la part des flics qui nous font tourner à gauche, tiens, tiens, seraient ils des copieurs, en tous cas, le gros des indépendants déambulent dans la rue, la plupart passablement énervé du résultat et des incidents d'avant match (trois blessés dont un stadier parisien) et ce qui devait arriver arriva, une charge d'environ 150 personnes sur le terrain vague occasionne des frayeurs. Impressionnant !
Heureusement qu'il n'y a personnes en face car les gens étaient motivés.
On retrouve la voiture vite fait et petit encas avalé, on repart vers la capitale, en prenant un nouveau raccourci qui narguera ceux qui ont fait la queue sur le pont.
On va admirer pendant ce voyage, vers la réalité, l'éclipse totale, la Lune a revêtu sa robe rouge d'apparat et se dévoile comme une pin up. Elle est belle comme cela, c'et la seule satisfaction de la journée terrible que l'on vient de vivre avec le sourire de Mr A qui était pourtant malade.
Le retour se fera rapidement sans soucis majeurs, tout le monde étant dans ses pensées horribles et un texto nous ramène au réel, oui, le PSG a bien perdu et il est dorénavant en situation de reléguable. Ce n'était pas un vulgaire cauchemar.
On arrive vers la capitale et l'on dépose les compagnons d'infortune un par un, même si l'ordre de dépose déplait à certains, on aurait du faire la même mercredi soir.
Prochain déplacement, on l'ignore car la donne travail est rentrée en compte et le dimanche ,c'est quasiment mort , même au Parc.
Commentaires